" Quand ils sont cassés on les change ! "

Un jour, j’ai entendu cette phrase : « quand ils sont cassés, on les change ! » C’est un cavalier qu’il l’a prononcée. Un cavalier normal, qui fait des compétitions, qui a son cheval en box dans un centre équestre, un centre équestre comme les autres. Cette phrase m’a tellement horrifiée au plus profond de mon être que je n’en ai pas dormi pendant une semaine. C’est de là qu’est née l’idée de créer Peace for Horses. C’est chez mon amie Sonia, gardienne de plusieurs chevaux et passionnée, que nous en avons parlé la première fois. Ensuite, nous nous sommes unies à Valérie, grand défenseur des animaux et productrice, avec qui j’ai collaboré pour le documentaire de France 5 et qui est devenue une amie chère. Je ne suis pas cavalière, je suis communicatrice avec les animaux. Après avoir fait au moins mille communications pour des cavaliers de tous types, même de haut niveau, visité de multiples centres équestres en France jour après jour en compagnie d’un dentiste équin, après avoir parlé avec maints palefreniers côtoyant les plus grands du monde du cheval, après avoir enseigné dans les écuries de Michel Robert et de Luca Moneta en Italie, après avoir échangée et enseigné aux côtés de Patrizio Allori, horseman, j’ai vite compris la situation des chevaux en Europe. Il y a de tout. Cependant ce qui est prévalant, c’est le manque de conscience des cavaliers envers le cheval : ce dernier est souvent traité comme une moto qui doit fonctionner correctement à tout prix pour faire ce que veut le cavalier. Le nombre de fois que j’ai entendu ce type de commentaires, « je me suis fait avoir », parce que le cheval boite, que j’ai vu le cavalier s’énerver, crier, tirer, cravacher parce que le cheval ne fait pas ce que le cavalier veut… Et à ma demande, après communication on découvre ensuite que le cheval a mal au dos ou encore qu’il a développé la leptospirose. Mais personne ne s’en était rendu compte parce que, en fait, on ne prends pas le temps de ce demander qui est cet animal a nos cotes, comment il se sent, qu’est ce qu’il pense, comprend il nos demandes? Aussi, le nombre d’heures passées au box est rarement pris en compte. Imaginez être enfermé toute la journée dans une toute petite salle de bain… Avec pour seul moment de loisir une heure par jour, et encore, avec quelqu’un sur le dos qui vous fait travailler, Ne seriez-vous pas nerveux, paniqué, peureux ou affole peut être? En connaissant la situation par rapport aux près et au manque de place, je suis consciente que c’est difficile mais peut être que dans le futur il sera possible de trouver de meilleures options, l’enfermement est toujours difficile et a anormal quoi qu’il arrive.Je pense qu’au moment de lui   Exiger un travail, il est important de prendre en compte les conditions de vie du cheval. Sont rarement pris en compte aussi, le ferrage ou le parage mal ajustés, certains mords qui lacèrent la bouche et les sangles qui gênent la respiration ou les selles trop lourdes ou inconfortables, La plupart des cavaliers souhaitent le bien de leur chevaux et la collaboration mais d’autres abusent de l’usage erroné des éperons, de la cravache, de la chambrière.C’est pour cela que l’éducation est primordiale.Il est devenu impératif de comprendre l’animal, de chercher une collaboration au lieu d’une soumission. Des tests scientifiques on été faits par IRM aux USA sur les chiens qui prouvent que les animaux ont des pensées, des émotions et qu’ils souffrent. Ceci est valable pour tous les animaux. Il y a aussi la souffrance émotionnelle qui trop souvent n’est pas prise en compte : la peur de la vente, le manque de sécurité, les compagnons qui disparaissent soudainement pour aller on ne sait où…Et ceux qui sont vendus ou revendus parce qu’il y a toujours quelque chose qui ne va pas :  » il a peur, il s’emballe, il n’est pas docile. Alors il est vendu, on s’en débarrasse comme un simple éent beaucoup de traumatismes. De nos jours, il y a un grand nombre de techniques qui permettent de comprendre le mental du cheval et de transformer son comportement. La première fois que j’ai compris ce que signifiait « être barré », j’étais horrifiée. Jusque-là, je ne comprenais pas la douleur horrible que je sentais chez certains chevaux en communiquant avec eux. C’est Patrizio Allori qui me l’a expliqué, un jour d’hiver, en Suisse. Je refusais de le croire. Comment ? Ici, en Europe ? Ce n’était pas possible! La première fois que j’ai appris l’existence et compris le but des décharges électriques sur les barres et des capsules de bière à l’intérieur des guêtres, j’étais à San Diego en Californie, dans un centre équestre. J’ai failli m’évanouir en sentant la douleur vive dans ma propre chair. Comment ? Ici, en Californie ? Une telle barbarie ? La première fois que j’ai senti la brûlure infernale de l’acide sur mes propres pieds, c’était au centre équestre de Los Angeles. Je l’ai ressentie en communiquant avec un grand bai. Tout cela parce que l’on voulait qu’il lève les pieds plus haut ! Ce jour-là, j’en ai pleuré de rage. Comment pouvait-on pratiquer de telles choses infâmes, ici? La première fois que j’ai vu des chevaux attachés par le cou jour et nuit dans un tout petit box, j’en ai eu des cauchemars pendant des semaines. C’était chez un éleveur en Haute Savoie. Ceci est juste un petit exemplaire de toutes les choses dont sont soumis les chevaux, des choses que le grand public ignore. Plus j’avance, plus je fais pour mettre au jour la conscience des animaux, plus je me rends compte qu’il y a encore plus à faire… Et cela commence ici, dans les écuries avec nos grands cavaliers, partout, dans toutes les disciplines comme le CSO, le dressage, le reining et le reste… Cela commence par le respecter comme un être vivant, conscient et non un objet de loisir, de consommation. Encore une fois, je ne suis pas cavalière, mais étant communicatrice animalière je sens le cheval comme si c’était moi, je sens sa douleur, la contrainte, les odeurs, les émotions, les pensées… Comment pouvons-nous avancer, nous humains, en conscience si nous ne respectons pas la conscience des autres êtres autour de nous ? C’est pour tout cela Peace for Horses : pour éduquer, faire comprendre en comblant l’ignorance et aboutir à une transformation. Nous nous allions avec des cavaliers de haut niveau, des vétérinaires, des horsemen, pour transformer la condition des chevaux non seulement dans le domaine sportif, mais aussi dans tous les autres domaines. Peace for Horses existe pour les chevaux, afin de leur restituer leur dignité, leur droit, leur respect, leur liberté. Peace for Horses existe pour que nous puissions collaborer avec les chevaux et non les soumettre et les dominer. Peace for Horses existe pour sortir de l’ère de l’esclavage et rentrer dans l’ère de la conscience.